Du vendredi 3 mai au samedi 1 juin 2019
- Terminé de 16h à 19h

Métropoles Benjamin Kiffel

Métropoles
Benjamin Kiffel


Le travail de Benjamin Kiffel est résolument centré sur un univers urbain, univers qu’il explore de longue date dans son registre photographique notamment, à travers le prisme de la lumière en révélant ainsi sa poésie pour mieux l’inscrire dans nos mémoires.

Avec Métropoles, Benjamin Kiffel questionne la « ville-mère », l’espace architecturé de la cité dans ce que l’éclairage public en dévoile. Cette réflexion, abordée précédemment sous l’angle industriel (Port du Rhin Strasbourg, Nocturnes, Extérieur nuit) ou plus baroque (Roma, inspiration baroque) est portée ici par un discours formellement expressionniste. Milan, Barcelone et Berlin. Du sud au nord, trois villes, le même regard. Des noirs et blancs structurés et contrastés qui font naturellement écho au cinéma de Fritz Lang et aux photomontages de Paul Citroen.

D’abord les yeux rivés sur la skyline milanaise, on plonge progressivement vers le cœur de la ville à Barcelone pour finir dans un tourbillon lumineux à Berlin. Le noir des gratte-ciels milanais, frontière entre terre et ciel, se concentre et s’ouvre à la nuit pour donner toute sa place à la lumière à Berlin et recomposer l’espace. La ville, d’abord labyrinthe verticalisé, se déploie des profondeurs à la surface pour finir dans une spirale étincelante.
Avec ses divagations spatiales, Benjamin Kiffel nous offre de nouvelles cartes mentales, éminemment subjectives, dans la droite ligne des expressionnistes. Le point de vue est radical, tant dans les cadrages que dans la composition et les superpositions. La réalité est bousculée pour provoquer une réaction émotionnelle du spectateur. Chacune des séries présentées dans cette exposition – « Supernova », « Vertigo » et « Das licht » – est une reconstruction de l’espace en une ville imaginaire dans laquelle la lumière, le plus souvent artificielle, semble en faire battre le cœur.

Dans cette vision d’une intensité forte, Benjamin Kiffel passe ainsi de la dystopie des expressionnistes à une utopie nouvelle. Il se dégage une impression de légèreté et de fragilité dans ses superpositions. La lumière se fait dentelle et vient souligner un paysage urbain quotidien, comme un vêtement de luxe. Les perspectives sont bousculées à dessein par l’artiste qui s’attache aux lignes architecturales des lieux dans une écriture nouvelle.
Le rapport au temps est également déconnecté du réel. Ici, passé, présent et avenir sont intimement mêlés. Les strates s’empilent et s’emboîtent dans un ordonnancement méthodique, une mise en exergue systématique d’un paysage particulier hors du temps ouvrant de nouveaux horizons.

En portant son regard expressionniste sur ces trois métropoles – Milan, Barcelone et Berlin – Benjamin Kiffel marque l’empreinte d’une réalité urbaine et architecturale redessinée à l’aune de l’éclairage public. Une vision utopique et onirique, une écriture déstructurée et multidimensionnelle, un équilibre intemporel et flottant : la mémoire poétisée d’une urbanité particulière.

L’exposition est visible du 3 mai au 1er juin , du mercredi au samedi de 16h à 19h. Vernissage le vendredi 3 mai à 18h.
www.galerielapierrelarge.eu


Bénédicte Bach

http://galerielapierrelarge.eu/
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La galerie la pierre large est une galerie photo qui se positionne plus particulièrement en terme de photographie plasticienne, expérimentale et vidéo, galerie numérique, elle montre des oeuvres sur des supports dématérialisés programmés.

Lieu : La Pierre Large

Adresse : Rue des Veaux

Ville : Strasbourg

Quartier : Centre ville

Département : Bas-Rhin

Région : Grand Est

Pays : France

Annoncé anonymement le vendredi 24 juillet 2020
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