Le samedi 12 juin 2010

MARCHE DES VISIBILITES LGBTI et TaPaGeS (TransPédéGouines de Strasbourg)

Strasbourg, Strasbourg
Entrée libre

TaPaGeS (TransPédéGouines de Strasbourg) participera à la 9ème Marche
de la Visibilité Homosexuelle, Bisexuelle et Transgenre le samedi 12
juin 2010 à Strasbourg dans un pink, black, red... block commun avec
La Lune, Les Poupées en Pantalon, OtR et STS.

Rendez-vous à 14 h place de l'Université pour le départ de la marche.




Communiqué de presse de TaPaGeS (TransPédéGouines de Strasbourg) :
http://tapages67.org/
le 9 juin 2010


UNE SI VASTE COLÈRE


Trans, pédés, gouines, bi, intersexes en colère, nous avons cru
défaillir tant de fois cette année :
estomaquéEs par l'odieux cynisme de Besson et l'infâme débat sur
l'identité nationale ;
écœuréEs par l'encouragement du racisme, notamment anti-arabe, par le
pouvoir politique ;
sidéréEs par les rafles, les expulsions permanentes de sans-papierEs ;
épuiséEs de voir la « crise » légitimer les nouvelles saloperies des
banques et des États ;
estomaquéEs par la capacité des militants du capitalisme à nier la
responsabilité d'un système meurtrier et irréformable ;
dégoûtéEs par la politique coloniale du FMI ; interditEs devant la
propagande sur les retraites ;
atterréEs par la nullité des socialistes et leur entrain à toujours
être du côté du manche ;
hallucinéEs par le Vatican qui, pour se dédouaner de ses viols, nous
les impute ;
effondréEs de voir mourir les militantEs pro-palestinienNEs et se
poursuivre en toute impunité le siège de Gaza ;
révoltéEs devant les Prides menacées et réprimées ;
éploréEs de constater que, toujours, le SIDA tout le monde s'en fout.

Gouines, trans, pédés, bi, intersexes, nous savons très bien pourquoi
nous sommes là : parce que, contrairement à ce qui nous est dit, rien
n'est gagné, rien n'est acquis. Les ravages de
l'homo-lesbo-transphobie sont en partie invisibles. Le discours
dominant nous assure que nous sommes, en Occident, respectéEs,
libéréEs, émancipéEs. Certes, il reconnaît quelques dérapages commis
par quelques individus qu'il condamne et, parfois, réprime. Notre
combat serait du passé, derrière nous. Il n'est plus qu'à faire la
fête, entre deux chars commerciaux, entre un groupe UMP et un groupe
MODEM, parce qu'on est rigolos, différentEs, glamour et exotiques.
Pourtant, qui peut défendre réellement que les agressions, verbales et
physiques, ont diminué ?
Qui peut avancer réellement que les récents propos du député UMP Vanneste
n'engagent que lui ?
Qui peut affirmer que sortir du placard est sans encombre ni risques ?
Qui peut soutenir que nous ayons les mêmes droits que les personnes
hétérosexuelles ?
Que la loi n'entérine pas notre infériorité ?
Qui peut nier que l'État français entretient des relations harmonieuses
avec des régimes qui nous condamnent à mort et nous exécutent ?
L'homophobie n'est jamais une haine individuelle : on ne hait pas
toutE seulE. L'État se dédouane à bon compte en la circonscrivant à
quelques personnes. L'homophobie est partie prenante d'un système
d'oppression, fondé sur l'hétérosexualité obligatoire et,
simultanément, le sexisme.
L'homophobie n'est pas un dérapage, un accident : l'inégalité est la
raison d'être du système qui nous gouverne.

Un jour, nous avons décidé, chacunE à notre façon, de ne plus mentir
(et d'abord à nous-mêmes), de ne plus nous cacher ; nous avons
considéré que, désormais, nous ferions ce que nous voulons de notre
vie, animéE par notre propre désir et pas celui, obligatoire, qui nous
avait été enseigné et légué. Nous ne serions pas les petitEs soldatEs
inconscientEs de l'hétérosexualité, cadenasséEs par des normes,
enchaînéEs à des vies érotiques, affectives et amoureuses qui
n'étaient pas les nôtres. Il fut délicieux, malgré les risques et les
difficultés, de dire « non » et de découvrir, avec ivresse, que l'on
peut s'arracher à son supposé destin. Nous avons pris goût à cette
désertion et à la découverte que nous étions mouvantEs, nomades.
AffranchiEs, nous avons observé combien d'autres normes renaissaient ;
combien la « communauté » homosexuelle était à son tour constituée
d'obligations, d'impératifs, de carcans divers, de goûts et de
références imposés, de comportements moutonniers mais aussi de
sinistres jeux de pouvoir.
Nous l'avons désertée à son tour.
Et de désertions en désertions, jusqu'à ce jour, nous tentons,
collectivement, non sans difficultés, d'inventer une vie inaccaparable
par la domination. C'est fragile et compliqué. Mais pour l'avoir
expérimenté, nous savons que c'est possible et autrement plus intense,
drôle, excitant que les avatars de vie qui nous sont concédés.

Dans la rue, aujourd'hui, nous venons témoigner que cette marche pour
les droits des personnes gay, lesbiennes, bi, trans', intersexe, pour
la reconnaissance de nos irréductibilités, s'inscrit aussi dans toutes
ces marches, obstinées, incessantes, que des individus accomplissent à
travers le monde. Ces marches n'ont pour point commun que de défendre
une conception de l'humanité radicalement différente de celle qui
anime les États.

Marches et manifestations qui, parfois, de loin, peuvent paraître vaines.
Elles n'en sont pas moins essentielles.

Elles rappellent que court, contre toute attente et toute logique,
sous des milliers de formes et de slogans différents, le désir
irrépressible d'en finir avec l'oppression et l'exploitation.

C'est pour cela, qu'à TaPaGeS, nous marchons.

Pour nos droits, pour nos vies mais aussi persuadéEs que cette marche
s'inscrit à son tour, malgré les marchands, malgré la droite, malgré
les normes, dans une colère plus vaste et que nous en sommes l'un des
moments.


TransPédéGouines de Strasbourg, le 9 juin 2010


!

http://tapages67.org/_pages/com/appelmarche2010_20100609.html
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Lieu : Strasbourg

Ville : Strasbourg

Département : Bas-Rhin

Région : Grand Est

Pays : France

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