Festival Augenblick - Projection du film PARADIS: ESPOIR, rencontre avec le réalisateur Ulrich Seidl
AT/DE/FR - 2012
Fiction - VOST
91’
Réalisation
Ulrich Seidl
Scenario
Ulrich Seidl, Veronika Franz
Résumé
Mélanie passe ses vacances d’été dans un centre d’amaigrissement très strict. Entre les activités sportives, les conseils nutritionnels, les batailles d’oreillers et les premières cigarettes, elle tombe sous le charme du directeur du centre, un médecin de 40 ans son aîné. Elle l’aime comme on aime la toute première fois et cherche désespérément à le séduire. Conscient que cet amour est impossible, il tente de lutter contre le sentiment de culpabilité qui l’envahit. Mélanie avait imaginé son paradis bien différemment...
Un hommage à Ulrich Seidl, méconnu du grand public, peut surprendre. Cet Autrichien élégant et triste, qui essaime les festivals depuis toujours, a mauvaise presse. Pourtant, depuis DOG DAYS découvert à Cannes en 2001 et qui l’impose enfin, les films de ce cousin discret de Michael Haneke enchaînent les expériences risquées qui conjuguent, sur dix films et vingt ans, la déploration du monde moderne, la peur de l’humain, et l’envie de montrer. Qu’il filme la communion de ses concitoyens avec les bêtes, qu’il s’attache aux croyants, aux malades, aux vieux, qu’il décrypte l’effondrement sociétal de l’Europe centrale, qu’il nous brosse le temps d’une canicule les portraits malsains de quelques Viennois, qu’il réalise en un retable contesté la défaite des femmes face au tourisme sexuel, à la religion, au métabolisme de l’obésité, Ulrich Seidl décide de prendre en grippe la nature humaine, telle qu’elle lui apparaît, avec compassion mais avec regret.
Le résultat est consternant ou sublime. Le Festival Augenblick a choisi le sublime.
Pour la majorité de la presse magazine, le cinéma de Ulrich Seidl serait complaisant, peut-être sans concessions mais surtout sans intérêt. La complaisance justement c’est l’histoire même du cinéma. Seidl appartient à cette petite communauté de trouble-fêtes qui de Stroheim à Ken Russell, de Buñuel à Zulawski, de Peckinpah à Marco Ferreri ont plongé leur caméra dans notre malodorante condition. Le résultat peut être dégradant et malsain mais la vérité est à ce prix.
Alors un peu de courage et de curiosité. Promenons-nous sur les chemins tortueux de l’existence et défions-nous de cette maladie du monde moderne qui s’appelle le déni de réalité. Quand on lui demande s’il pleure au cinéma, Ulrich Seidl répond : « pas seulement au cinéma »… Voilà la clé, les films de Seidl ne sont pas « que » du cinéma, mais un voyage au bout du jour.
Lieu : Cinéma Le Star Saint-Exupéry, 18 Rue du 22 Novembre, 67000 Strasbourg
Ville : Strasbourg
Département : Bas-Rhin
Région : Grand Est
Pays : France



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