Festival Augenblick - Projection du film PARADIS: AMOUR, rencontre avec le réalisateur Ulrich Seidl
AT/DE/FR - 2012
Fiction - VOST
120’
Réalisation
Ulrich Seidl
Scenario
Ulrich Seidl, Veronika Franz
Interdit au moins de 16 ans
Résumé
Sur les plages du Kenya, on les appelle les « sugar mamas », ces Européennes grâce auxquelles, contre un peu d’amour, les jeunes Africains assurent leur subsistance. Teresa, une Autrichienne quinquagénaire, passe ses vacances dans ce paradis exotique. Elle recherche l’amour mais, passant d’un « beachboy » à l’autre et allant ainsi de déception en déception, elle doit bientôt se rendre à l’évidence : sur les plages du Kenya, l’amour est un produit qui se vend.
Un hommage à Ulrich Seidl, méconnu du grand public, peut surprendre. Cet Autrichien élégant et triste, qui essaime les festivals depuis toujours, a mauvaise presse. Pourtant, depuis DOG DAYS découvert à Cannes en 2001 et qui l’impose enfin, les films de ce cousin discret de Michael Haneke enchaînent les expériences risquées qui conjuguent, sur dix films et vingt ans, la déploration du monde moderne, la peur de l’humain, et l’envie de montrer. Qu’il filme la communion de ses concitoyens avec les bêtes, qu’il s’attache aux croyants, aux malades, aux vieux, qu’il décrypte l’effondrement sociétal de l’Europe centrale, qu’il nous brosse le temps d’une canicule les portraits malsains de quelques Viennois, qu’il réalise en un retable contesté la défaite des femmes face au tourisme sexuel, à la religion, au métabolisme de l’obésité, Ulrich Seidl décide de prendre en grippe la nature humaine, telle qu’elle lui apparaît, avec compassion mais avec regret.
Le résultat est consternant ou sublime. Le Festival Augenblick a choisi le sublime.
Pour la majorité de la presse magazine, le cinéma de Ulrich Seidl serait complaisant, peut-être sans concessions mais surtout sans intérêt. La complaisance justement c’est l’histoire même du cinéma. Seidl appartient à cette petite communauté de trouble-fêtes qui de Stroheim à Ken Russell, de Buñuel à Zulawski, de Peckinpah à Marco Ferreri ont plongé leur caméra dans notre malodorante condition. Le résultat peut être dégradant et malsain mais la vérité est à ce prix.
Alors un peu de courage et de curiosité. Promenons-nous sur les chemins tortueux de l’existence et défions-nous de cette maladie du monde moderne qui s’appelle le déni de réalité. Quand on lui demande s’il pleure au cinéma, Ulrich Seidl répond : « pas seulement au cinéma »… Voilà la clé, les films de Seidl ne sont pas « que » du cinéma, mais un voyage au bout du jour.
Lieu : Cinéma Le Colisée, 21 Rue du Rempart, 68000 Colmar
Ville : Strasbourg
Département : Bas-Rhin
Région : Grand Est
Pays : France



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